De quoi se mêle la France ?
Suite à la réunion hebdomadaire de son bureau politique, l’Union Nationale Patriotique, condamne, avec fermeté, les déclarations de Monsieur André Parant, Conseiller adjoint du Président Nicolas Sarkozy chargé des affaires africaines, relative à la situation politique au Sénégal. Les dénégations et autres démentis n’y feront rien, les propos relayés par la presse, sont, sans aucun doute, ceux de ce diplomate, petit fils d’un ancien gouverneur de colonie et fils d’un ancien de la Françafrique. Au demeurant, c’est l’homme des basses besognes en Centrafrique, au Sénégal et au Liban partout il a été en mission, il n’a cessé de s’ingérer dans les affaires intérieures de pays souverains. Il est vrai que pour lui, comme pour la plupart des dirigeants français le temps des colonies n’est pas encore révolu. L’UNP rappelle, à l’opinion, qu’elle a déjà prévu lors de sa conférence de presse du 16 avril 2010 que la France ne voudrait pas, contrairement au discours officiel, déménager ses bases militaires du Sénégal et que, pour ce faire, elle n’hésitera pas à user de toutes les manigances imaginables. C’est dans ce registre qu’elle veut prendre, pour prétexte, la formation d’un contingent humanitaire pour maintenir encore 300 de ses hommes sur notre territoire. Et, c’est toujours, dans ce cadre qu’un plan de déstabilisation, inacceptable, de nos institutions que la France met en œuvre, par les soins de ce Monsieur Parant, en exploitant l’hostilité d’une frange importante de sénégalais vis-à-vis du Président Abdoulaye Wade et du projet, supposé, de transmission dynastique de son pouvoir. Diviser pour mieux régner, la France est, c’est vrai, coutumière des faits ; n’est-ce pas comme cela qu’elle a procédé pour opérer la cruelle traite négrière ? N’est-ce pas comme cela qu’elle a procédé pour coloniser nos états, assassiner El Hadj Oumar Foutyou Tall, Lat Dior NGoné Latyr Diop, exilé jusqu’à la mort Aline sitoe Diatta et Alboury NDiaye ? Dans quel camp se situe aujourd’hui, chaque sénégalais ? Dans celui des traitres, qui ont vendu ou aider à la vente de nos frères d’Amérique et des Caraïbes et qui ont tué leurs propres frères pour le triomphe de l’ennemi de leur race, ou des patriotes, qui ont préféré mourir plutôt que d’être complice de la barbarie et de la soumission ? Dans tous les cas, l’occasion nous est offerte, aujourd’hui, d’éprouver notre sens de l’honneur et de la dignité ou, au contraire, celui de la lâcheté et de l’inconscience. Le Sénégal appartient aux sénégalais, nous faisons de notre pays ce que nous voulons, le sort de notre peuple est entre nos mains et nous ne pouvons pas accepter que d’une manière ou d’une autre un pays étranger, surtout pas cette France qui a les mains ensanglantées du sang de nos ancêtres, puisse nous dicter nos façons de faire. C’est pourquoi, nous lançons, solennellement, un avertissement au gouvernement français pour qu’elle s’abstienne, en privé ou en secret comme en publique, de fomenter des complots contre le Président Abdoulaye Wade, première Institution du Sénégal, et cela sous quelque prétexte que ce soit ! Pour nous, à l’UNP, il doit être possible que la France et le Sénégal cheminent, ensemble, en partenaires qui se respectent et s’apprécient mutuellement. Mais il convient, pour cela, faire renoncer à celle-ci une certaine vision de nos relations faite d’arrogance, de cynisme et de cruauté envers nos intérêts. Quant à la classe politique, l’UNP la rappelle à ses responsabilités historiques face à la montée des périls. Au Président Abdoulaye Wade, l’UNP suggère, pour apaiser la situation politique nationale, de donner des signaux forts aux forces vives de la nation ; ainsi, par exemple, le Président de la République pourrait accélérer le dialogue national, autoriser, dans l’immédiat, la Télévision de Youssou NDour, créer les conditions d’une entente avec Bara Tall et accorder une oreille attentive et bienveillante au mouvement citoyen, notamment à Serigne Mansour Sy Djamil qui en est l’un des porte drapeaux. Pour l’opposition, notamment celle regroupée au sein de Benno Siggil Sénégal, l’UNP se désole de ce qu’elle n’est pas affirmée, jusque là avec force et sans équivoque, son adhésion à la décision du Président de la République de faire partir les bases françaises de notre pays. Ce silence, mêlé à des amalgames qui ne font que le jeu de la France coloniale, est d’autant plus incompréhensible que plusieurs de ses dirigeants, étaient prêts, à un moment de leur histoire, à mourir pour une telle revendication. Pour finir l’UNP exige du Gouvernement de Monsieur Souleymane NDéné NDiaye de demander, pour toute précaution et sureté, à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) d’envoyer, de toute urgence, des inspecteurs pour vérifier, avant leur départ, que les bases françaises installées au Sénégal ne gardaient pas par devers elles des engins nucléaires en violation des accords et traités internationaux que notre pays à ratifier. Ayant renoncé à l’arme nucléaire, il serait incongru que notre territoire en soit infestée et notre peuple exposé à ses dangers potentiels. Cette suspicion à l’endroit de la France étant fondée sur le cas algérien où celle-ci a procédé à des expérimentations sur la fission nucléaire au mépris de la sécurité des populations locales et de ses propres soldats.