L'indefendable laurent gbagbo et ses amis sénégalais
Peut-on ou doit-on plaindre un bourreau ?
La réponse à cette question est négative face à l’insoutenable souffrance des victimes. Pourtant, et par humanisme, on ne peut s’empêcher de frémir devant l’implacable piège dans lequel on voit l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo et ses amis sénégalais s’engouffrer par on ne sait quel tour de magie.
Laurent Gbagbo a joué et il a perdu, qu’il le sache et qu’il parte avant qu’il ne soit trop tard pour lui et pour les siens. Ceux qui ont pour cet homme un minimum de considération auraient dû l’en convaincre au lieu de l’aider à bruler la case qui l’abrite de façon si précaire.
La Cote d’Ivoire a trop souffert et les ivoiriens n’en peuvent plus de cette stupide guerre fraternelle sans avenir et sans quintessence. Or la source du mal ivoirien réside dans le refus de la citoyenneté à des ivoiriens par d’autres ivoiriens. Dire ou prétendre que Laurent Gbagbo agit en patriote et en défenseur de la souveraineté de l’état ivoirien relève de la pure mystification. La souveraineté commence par la défense résolue de ses propres citoyens et le respect de leur suffrage. Or manifestement de tout cela Monsieur Gbagbo n’a cure. D’autre part, rien de sérieux ne permet de dire que cet homme est sincère dans « ses combats », il trompe tout le monde et il n’a aucun sens de la parole donnée. Le comportement irresponsable de ses représentants au sein de la commission électorale indépendante sous les objectifs des caméras du monde entier, sa décision de proclamer le couvre-feu au soir même des élections et sa précipitation à se faire investir par la suite sont autant d’indices et de preuves de son refus de ne reconnaitre aucun résultat qui serait contraire à ses plans machiavéliques. Mais libre à Gbagbo de sortir de l’histoire par une porte dérobée, libre à lui de mettre sa vie et celle des personnes qui lui sont proches en péril, mais quelle mouche a donc piquée certains politiciens sénégalais de l’accompagner dans une telle folie ?
Ousmane Tanor Dieng, le secrétaire général du parti socialiste sénégalais, a ruiné en quelques minutes tout le capital sympathie qu’il avait acquis auprès d’un grand nombre de personnes sérieuses en accordant du crédit à la comédie électorale de son pote Gbagbo. Ibrahima Sène du parti de l’indépendance du Sénégal, en chargeant le représentant de l’Onu en Côte d’Ivoire s’est ouvert une large avenue d’incompréhensions inutiles. Car il ne s’agit point aujourd’hui de défendre un africain contre le monde occidental mais de défendre un peuple contre un monstre politique, nommé Laurent Gbagbo, qui se délecte de ses malheurs et de ses souffrances. La lutte contre le coup de force de Gbagbo ne fait que commencer et elle est celle de toutes les personnes éprises de paix et aimant profondément l’Afrique. Tant que Gbagbo restera au pouvoir il n’y aura pas de paix en Côte d’Ivoire et comme nous aimons tant ce pays frère, alors souhaitons, tous ensemble, qu’à défaut qu’il se plie à la volonté populaire qu’un ouragan dévastateur et cruel l’emporte dans ses tourbillons loin des vastes et paisibles prairies de l’Ogoué. Peu importe, dès lors, que s’accrochent à ses flans des politiciens fatigués et désenchantés de notre cher Sénégal.
Que Dieu bénisse et protège la Cote d’Ivoire
Tamba Danfakha
Président du mouvement d’initiatives pour la renaissance africaine
(MIRA)