L’affaire Clotilde Reiss La preuve que Wade doit passer la main

Publié le par tnt

A quoi jouent le Président Abdoulaye Wade et son entourage ? Cette question est, aujourd’hui, pertinente eu égard à la cacophonie diplomatique qui a suivi la libération de la jeune Universitaire française Clotilde Reiss. D’emblée, je voudrais dire mon soutien, sans équivoque, au gouvernement français dans une affaire qui, pour moi, relève du chantage et de la prise d’otage dont une de ses citoyennes et elle-même ont été victime. Nous sommes dans une époque où il faut savoir, très vite, choisir son camp. L’Iran est un pays qui partage avec nous la Ummah islamique. Pour cette raison, nous avons une obligation de solidarité envers son peuple. Mais ce pays est dirigé, en ce moment, par un homme dangereux qui fait feu de tout bois. Souvenons-nous, il y a quelques années, cet homme a rassemblé, dans son pays, tous les fascistes et disjonctés racistes de la planète dans une grande messe à leur gloire. Sans doute, on peut comprendre, sans l’excuser, que dans son offensive contre Israël, Mahmoud Ahmadinejad puisse s’allier avec des monstres qui font l’apologie de Hitler et de ses crématoires, mais, me suis-je demandé à l’époque, pourquoi diable aller réveiller les momies préhistoriques du Ku Klux Klan ? Mon hypothèse est que le Président iranien est un dangereux psychopathe doublé d’un raciste pur et dur. De ce point de vue la démarche du Président Wade, qui a consisté à agir dans le sens de la libération de la jeune universitaire est, somme toute, salutaire. C’est qui est par contre choquant c’est la précipitation avec laquelle il s’est empressé de réclamer la reconnaissance de la France. Cette démarche révèle, de sa part, une situation de tâtonnements et un désir insensé de plaire ou de se faire aimer par les autorités françaises. Dans un cas comme dans un autre le Président renforce ceux qui estiment qu’il n’est plus apte à diriger le pays. Et, j’ai personnellement, en ce moment, trois raisons d’y croire. La première raison réside dans l’incohérence qu’il y a d’engager un bras de fer avec la France sur la présence de ses bases dans notre pays et, sans attendre une issue à cette confrontation, se jeter, avec une inconscience et une avidité inexpliquée dans des bras dont on ne sait pas si elles vont vous broyer ou vous cajoler. La deuxième raison se trouve dans la présence, inexplicable, de Karim Wade dans ce dossier qui relève d’un domaine assez loin de ses compétences professionnelles et institutionnelles. S’il est présent, c’est parce qu’il exerce, dans les faits, le rôle qui devait être celui du Président de la république. Et si tel était le cas, les citoyens, que nous sommes, s’indignent de voir un homme qui n’a aucune légitimité, exercer une autorité que seul le peuple souverain peut et doit conférer. La troisième raison est dans l’utilisation abusive des ressources nationales pour satisfaire des caprices personnels du Président ou de son fils. Qui va, en effet, payer l’argent englouti dans les déplacements et missions qui ont conduit le Président Wade à réclamer la paternité de la libération de la jeune Clotilde Reiss ? A supposer que le gouvernement français, dans un bel élan d’unanimisme, salut, par un standing ovation, le « succès » de la diplomatie sénégalaise, quelle incidence positive cela va avoir sur le quotidien des sénégalais ? Bien peu, comme on pourrait s’en douter. Mais, plus grave, comment le Président Wade peut-il être suffisamment naïf au point de penser que le gouvernement français est composé de personnes qui décident de leur politique extérieure selon leur bonne humeur ou par « reconnaissance d’une bonne action ». Le Président Abdoulaye Wade a-t-il oublié que le premier décembre 1944, des jeunes africains, rentrant d’une mission héroïque, où ils ont laissé derrière eux plusieurs milliers de leurs camarades morts l’arme à la main pour défendre la liberté, la dignité et l’honneur de la France, se sont fait massacrés en guise de reconnaissance de la « mère patrie » pour avoir eu le tort d’exiger un peu de considération ? Je n’ose pas croire que le Président Wade, cette grande sommité intellectuelle, ce brillant stratège soit coupable de tant d’amateurisme et de tant de candeur. A moins, oui, à moins que le Président Wade ait cessé de décider et que ses « choix » ne seraient plus que ceux d’un gamin qui croit avoir en main les manettes d’un game boy. Mais au regard, des nuées qui s’amoncellent dans le ciel de l’euro auquel notre monnaie, le CFA, est arrimé, peut-être que l’échéance de 2012 pourrait se transformer en une insoutenable attente pour notre peuple et en un cauchemar pour les acteurs socio-économiques faute d’avoir, à bord de notre Sunugal, un gouvernail fiable.

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